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La classe bébé

« Allez chérie, je t’emmène. Arrête tout, on part à Deauville. Je t’en mets plein la vue tout le week-end, on va déguster des glaces sur la plage, se promener le long de la mer, parader le soir dans un grand restaurant.

Et puis cet été on se fait un road trip de luxe, tournée en Europe vers les Balkans le long de l’Adriatique, avec en bonus virée inopinée en Turquie, la porte de l’Asie, et tout le tralala. »

Il en avait rêvé. Désormais, c’était fait. Elle était là, sous ses yeux, bien à lui. Sublime, flamboyante, vintage. La classe bébé. Il était parti la chercher, personne ne l’avait encore vue. Il était tellement fier de son coup. Il se voyait déjà partir avec elle, « à l’aventure », sillonner les vieilles routes sous un soleil de plomb, un bras sur le rebord de la fenêtre, dormant sur la banquette arrière, parader aux quatre coins du pays. La liberté bébé, ça n’a pas de prix.

Elle adorait cette bagnole. C’était toute son enfance. La dernière avait fini dans l’étang, bêtement. Elle avait huit ans, peut-être neuf. Elle faisait mumuse, avec la bénédiction du paternel, pas très vigilant sur ce coup là. A force de jouer avec les manettes, elle avait pris subrepticement le chemin de la pente. Sans faire aucun bruit, elle s’était retrouvée enfoncée dans la vase. Plus de peur que de mal, ses cris avaient rameuté la famille, qui avaient pu la sortir de là à temps. Mais impossible de récupérer la Buick.
Elle aussi en avait rêvé, malgré le traumatisme. Désormais, c’était fait. Elle était là, sous ses yeux, bien à lui. Sublime, flamboyante, vintage.

« Allez chérie, arrête tout, on se barre. »


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