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Classics

Miroir, mon beau miroir

Pour ne pas perdre le fil : #1, #2, #3

Il se souvenait en avoir rêvé, étant gosse. Tout comme contrôler le temps, pouvoir le manipuler à satiété, être immortel, ou encore invincible. Il se plaisait à imaginer tout ce qu’il pourrait faire dans cet état. Comme tous les enfants de son âge, il n’imaginait que les bons côtés, évidemment. Comment aurait-il pu envisager une seule seconde que cela lui arriverait ? D’ailleurs, s’il l’avait su à cette époque, il aurait probablement trouvé ça génial.

Il pensait souvent à elle. En fait, il y pensait tout le temps. Tout lui rappelait ce qu’elle était. Tout le rappelait à sa détresse de l’avoir abandonnée sans crier gare. Il avait retourné tout

ça dans tous les sens, il n’avait pas trouvé de meilleure solution. Il ne s’était pas senti la force d’essayer une vaine explication. Du moment où il aurait ouvert la bouche, elle se serait de toute façon probablement effondrée. Elle se serait littéralement retrouvée à parler avec un mur. Elle n’aurait pas pu comprendre. Il n’aurait certainement pas pu non plus, si c’est elle qui avait du faire ça. Il ne savait pas très bien s’il devait s’en vouloir. Se sentir coupable. S’excuser. Ou plutôt chercher à comprendre ce qui lui était arrivé.

Il reposa son roman, qu’il n’arrivait décidément pas à lire. Il raviva le feu avec la dernière bûche qui trainait. Il se dirigea vers le coffre, et remplit son verre d’un vieux scotch. La nuit était maintenant tombée. Il fixait le miroir. Il ne voyait rien. Rien d’autre qu’un verre de whisky flottant en l’air.


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