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Classics

Western postmoderne

Sale boulot. Au fond, il l’avait bien cherché. La salade, passe encore. Les choux, les endives, les asperges, c’était passé aussi. Le gosse avalait tout sans broncher. Il avait râlé au début, il avait poussé ces petits gémissements que les gamins poussent et qui émeuvent le chaland. Lui, ça lui donnait envie de foutre des taloches au gosse en question. Alors il foutait des taloches au gosse en question. Et le gosse en question mangeait de la verdure comme sa maman l’avait demandé. Il se souvient maintenant qu’il y a trente ans il accepte de faire la nounou pour une dame contre ses faveurs. Il se souvient que la maman dit qu’il faut qu’il mange des légumes le gosse. Il se souvient qu’il est chiant le gosse, alors qu’il fait la nounou à sa manière. Il est shérif à l’époque. Un shérif, même un shérif nounou, ça se fait respecter par un gosse. Il se souvient qu’il emmène le gamin à la foire du trône. Le chiard pousse des gueulantes parce qu’il veut une glace. Il est furax. Et c’est là qu’il décide qu’il va faire manger son harmonica au gosse. Sale mioche. Et voilà, vingt ans plus tard le mioche est grand, il a un flingue et il lui troue la peau. Pour une glace. C’est con. Et pendant que le gamin lui fait bouffer son harmonica à son tour, il se dit que c’est un boulot à plein temps d’être maman. C’est con.


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