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On stage

Love

- "18h ? On se fout de ma gueule ? Je n’y serai jamais ! Je bosse moi !
- Tu bosses, tu bosses, tu joues à des jeux vidéos toute la journée, c’est pas ce que j’appelle bosser !
- C’est ça, fait le malin, n’oublies pas que c’est grâce à moi et mes cotisations que tu peux te permettre de ne rien branler !"

Par une habile mais fourbe réplique, il marquait le point. Je dois admettre qu’il n’avait pas tort, sur le fond : 18h comme heure de début pour un concert, c’est clairement du routage de gueule. Même pas le temps de prendre une mousse peinard avant d’entrer.

Mais c’était sans compter sur l’abnégation et le sens des priorités de nos compères. Avisant un troquet, ils s’asseyent, et commandent breuvages et victuailles. En dépit de la mollesse de la serveuse, qui, si elle ne possédait la suissesse de mon compagnon, n’en avait pas moins les caractères ethniques de base, nous pouvions deviser gaiement sur le moment à venir. Comme souvent, il pouvait affirmer d’une voix forte et claire le déroulé du concert à venir : "Tu verras, ils vont encore nous sortir le dernier album tout poupou, et ne jouerons pas le deuxième album. Je le sais, je les ai déjà vus, et ils ont complètement tourné la page". Ayant pu constater durant de nombreuses occasions qu’il avait le nez creux, j’opinais du sous-chef, non sans émettre quelques réserves en interne.

Une fois entrés, nous pûmes constater que l’horaire prévu sur le billet s’assimilait à de la publicité mensongère. Non pas que les deux premières parties furent scandaleuses, mais le concept de faire venir des gens à un endroit pour voir quelque chose qu’ils n’ont pas réclamé à une heure indue reste quelque chose de parfaitement scandaleux. Surtout quand les-dits gens se retrouvent à une encablure du placement VIP qui lui, semble prévenu de l’embrouille.

Quoi quand qu’est-ce, les pronostics s’avéraient faux, pour notre plus grand bonheur.


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