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C’était l’automne

Le feu faiblissait peu à peu. Levant la tête de son roman, il jeta un oeil par la fenêtre. Le ciel était gris et une pluie fine tombait sans discontinuer depuis le début de la matinée. Il ne semblait pas y avoir trop de vent. Il prit sa veste dans la cuisine, chaussa ses baskets, et sortit.

La campagne était silencieuse. Un grand désert de verdure se déployait devant lui. Il prit la direction de la butte surplombant le village. La vingtaine de marche avalée, il passa devant l’ancien donjon et prit la route de la grande carrière. Bientôt la route cessa et il poursuivit sur le chemin de terre et de boue. De fines gouttes de pluie venaient caresser son visage. Une fois arrivé au niveau des vignes, il se retourna. Le clocher du village, entouré de la fumée rejetée par les cheminées, se dressait. Le brouillard descendait lentement sur le sommet des collines alentours, comme s’il voulait encercler parfaitement le village. Il reprit sa marche, une fois sa cigarette allumée. Les couleurs de la forêt témoignaient de sa douce et paisible mort. Il n’aimait rien tant que marcher des heures dans cette campagne vieillissante, happée inexorablement par l’hiver. Les dernières couleurs, les dernières senteurs de la nature avant le grand sommeil.
C’était l’automne.

JL


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