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On stage

Pitch ô mon Pitch

Bon on y est, va falloir raconter le Pitchfork Festival, la soirée du vendredi même. Paraît que c’était la meilleure, plus une seule place de libre. J’ai bien choisi mon jour on dirait. J’enfile mes plus belles Van’s rouges et je pars au bal des hips

ters. Le métro est blindé, je ne regarde même pas où je vais je ne fais que suivre bêtement la foule de barbus et de chemises à carreaux et de meufs qui ont la coupe au bol. Trop facile, je sais. Et j’ai même pas parlé des lunettes. Ni des bonnets. On arrive vers 18h, on a déjà raté un concert, les Wild Nothing. Mais bon, c’est un mec tout seul avec sa guitare, je crois que ça intéresse plus personne maintenant et puis on s’en fout on n’est pas venus pour ça. Plutôt pour les Walkmen et tout ce qui s’ensuit. Après un apéro glacé sur les bancs de la Villette et quelques pauses pipi entre les poubelles, on glisse discrètement nos derniers mélanges dans nos jeans slim et on file à l’intérieur. D’ailleurs, c’est vachement dur de planquer une bouteille en plastique à l’arrière de son jean slim mais on a réussi, tout le monde est passé, tout le monde est sauvé. Ouf.

Bim, les Walkmen. Il a mis son plus beau smoking et balance ses plus belles vocalises, juste pour nous faire chialer je crois. C’est propre, c’est net, on n’est pas déçus et on le savait. Du tubesque, du moins tubesque, c’est ce qu’on voulait et comme en plus il s’est fait beau – pour une fois – reste plus qu’à les applaudir. C’était pas une énorme claque dans la gueule mais quand même, ça fait du bien.
La suite, Chromatics, je connais pas. Le mec à côté de moi n’arrête pas de me dire que celle d’après sera mieux, que celle d’après ce sera un tube et qu’on pourra danser. Bon, j’attends toujours. J’ai les Van’s qui me démangent. J’en profite pour sympathiser et me trouver un nouveau compagnon de route parce que c’est quand même cool de connaître des gens en musique.
Ah, ben maintenant c’est la pause Robyn, personne veut la voir tout ça parce que c’est des garçons, que c’est de la musique de filles ou de pédés. Bon, très bien. Je pactise quand même avec l’ennemi et arrive à danser un rock endiablé sur « Dancing On My Own » juste à côté des ingés son, en plein milieu de la salle. Ben oui, moi aussi j’ai regardé Girls. Et parfois même je lis Glamour mais là n’est pas le sujet. Et au moins on est bien placé pour Fuck Buttons, c’est ce qu’on me dit. Électro plutôt massive qui nous fait nous immiscer dans la foule, on

avance comme hypnotisés par la boule à facettes géante. Enfin moi j’avais bien envie de grimper dessus en tout cas.
Aaah, le final Animal Collective, enfin. Tout le monde l’attendait. C’est blindé, et il y a des orteils (ou des dents ? Le débat reste ouvert) sur la scène. Ça commence bien. Après avoir fixé Panda Bear un bon bout de temps – lève

toi et chante bordel, lève toi et chante bordel, lève toi et chante bordel – je me suis rendue compte que je passais à côté du concert, impossible à suivre. Je me suis perdue et je me suis fait chier. Il paraît que c’était une expérience mortelle tous ces nouveaux sons, ces performances VJ mon cul sur la commode. Moi j’ai rien compris et j’ai préféré aller choper le dernier métro. Dommage, j’aurai raté Brothersport et My Girls.

Conclusion : j’aurai mis mes Van’s rouges seulement pour danser sur un concert que j’ai pas vu. Konichiwai bitches.

JK


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